Un projet de recherche porté par 1212
Lingue che mancano est une performance issue d’un projet de recherche artistique au long cours, situé à l’intersection de l’héritage personnel, de la mémoire linguistique et de la pratique instrumentale contemporaine.
Au cœur du travail, une absence commune :
nous avons grandi entourées des sons de langues régionales — le corse et le verbanese — présentes dans nos familles mais jamais véritablement transmises.
Cette absence est devenue matière de recherche :
- Comment la pratique musicale peut-elle raviver ce qui a été perdu ?
- Que signifie hériter d’une langue que l’on ne parle pas ?
- Comment le corps se souvient-il de ce que l’esprit a oublié ?

Origines du projet
Le duo a émergé d’un terrain partagé : celui des langues manquantes, des espaces intermédiaires, de la nécessité de redéfinir ce que chez soi veut dire — et ce que chez soi peut sonner.
Cette performance présente une sélection de matériaux composés et improvisés développés lors de nos différentes résidence en Corse et dans le Piemont.
Matières sonores
À partir d’enregistrements de terrain, d’archives de chants traditionnels et de nos propres mémoires, nous créons des espaces sonores hybrides où :
- les timbres instrumentaux se mêlent aux inflexions vocales ;
- des fragments mélodiques traditionnels dialoguent avec des techniques étendues ;
- l’acte d’écouter devient une forme de réminiscence.
Méthodologie
Notre approche repose sur une coopération profonde, à plusieurs niveaux :
- entre deux interprètes aux histoires parallèles et divergentes ;
- entre instruments contemporains et présence spectrale des instruments traditionnels, telle la pivana corse ;
- entre création active et écoute attentive.
Nous remettons en question l’idée romantique d’un retour ‘‘authentique’’ aux traditions.
La musique devient ici un espace génératif où tradition et innovation se construisent l’une par l’autre.
Nous ne traitons pas les matériaux folkloriques comme des objets figés à préserver : nous nous situons comme des corps traversés par ces traditions, utilisant l’improvisation contemporaine pour rendre audible ce qui existe dans l’entre-deux — entre présence et absence, entre savoir et non-savoir.
Cette démarche s’inscrit dans les recherches artistiques contemporaines qui interrogent ce que la musique peut révéler là où les méthodes académiques restent insuffisantes.
