Quale Attraversa ?

Installation performative imaginée par Albane Tamagna et La Maison de Nina — musique, cirque et parcours expérientiel

QUALE ATTRAVERSA ? naît de l’envie d’interroger la migration dans ce qu’elle a de plus fondamental : le mouvement.
Non comme un récit à contempler, mais comme une expérience à traverser.

Pensée comme une installation performative immersive, l’œuvre propose un parcours sensoriel où la musique, le corps et l’espace se répondent. Elle engage le spectateur dans une traversée progressive, intime et physique, au cœur d’un dispositif qui transforme le lieu d’accueil en territoire de passage.

L’expérience débute dans un conteneur.
Objet industriel, espace fermé, matière brute : il porte en lui l’idée de la traversée avant même que l’on y entre. Symbole de transit, d’exil et d’entre-deux, il évoque ces espaces qui n’appartiennent à personne et concernent pourtant tout le monde.

À l’intérieur, le sol est recouvert de sable, comme une mémoire de rivage déplacée. La lumière est basse, presque respirante. Le•a spectateur•ice entre seul•e, dans un rapport direct à l’œuvre.

Face à lui•elle, Albane Tamagna, flûtiste interprète, lui adresse un solo qui n’existe que pour cet instant.
Un souffle pour un souffle.
Un moment unique, irréversible.

Les sons de la flûte — parfois fragmentés, interrompus, étirés jusqu’au silence — évoquent l’avant du départ : la tension, le doute, la nécessité, l’appel. Ce face-à-face constitue le premier acte de la traversée. Un événement intérieur, où la musique devient geste et présence.

Un corps en déplacement

En quittant le conteneur, le•a visiteur•euse ne regarde plus une œuvre : il•elle entre dans un parcours.
Guidé par des artistes pédagogues, il•elle devient un corps en mouvement.

Le musée — ou le lieu d’accueil — se transforme en espace à traverser.

À travers des propositions accessibles à touste, le public expérimente physiquement des gestes qui font écho à la migration :

  • la jonglerie, pour explorer ce qui tombe, s’échappe, recommence
  • les équilibres et déséquilibres, pour éprouver la fragilité du sol
  • des mouvements acrobatiques simples, pour travailler le basculement et le renversement
  • le portique aérien, le tissu, la suspension, pour tenter l’élévation, quitter le sol, chercher un autre point d’appui

Le cirque devient ici un outil sensoriel. Il transforme la migration en expérience intérieure : un passage que le corps traverse réellement.

Traces et résonances

La traversée s’achève dans un dispositif sonore intime : le Sonomaton – dispositif sonore de l’Association Après l’Averse

Chacun•e est invité à déposer une trace — une voix, un désir, un choix, un refus de partir.
Ces fragments composent une archive sonore collective, mouvante et fragile, qui grandit au fil des passages et dessine une cartographie sensible des imaginaires du départ.

Une œuvre à éprouver

QUALE ATTRAVERSA ? n’est ni un spectacle, ni une performance, ni une installation au sens classique.
C’est une œuvre évolutive, pensée comme un écosystème.

Elle existe sur plusieurs jours, parfois une semaine entière, se transforme selon les lieux et s’écrit avec celles et ceux qui la traversent.

QUALE ATTRAVERSA ? est une expérience à la fois intime et collective : un espace où l’on avance, où l’on bascule, où l’on éprouve — dans son propre corps — ce que signifie traverser.